CORPS DE LETTRES
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Le corps d’une lettre en imprimerie c’est sa taille.
Comme si un corps se limitait à une taille... Le
corps des lettres de cette exposition c’est le nôtre, notre corps sur lequel des lettres vont se mettre à courir comme des enfants dans un jardin d’enfants. « Corps de Lettres » tout simplement comme on dit : « jardin d’enfants » (lettres comme acteurs dans un univers : le corps). Un jardin d’enfants cependant (la photographie), où un aventurier (le photographe) va tenter une intrusion* (de ou des auteurs). Panique des nuits de sacrilège ou émerveillement des soirs d’apparition ? Un acte a bien eu lieu. L’ordre établi de la beauté se fissure. Sous le poil d’un pinceau, dans l’hésitation d’une écriture (et non d’une calligraphie) tracée sur la peau de l’Autre, un ordre nouveau fait trembler le cadre et vient se fondre dans l’ombre et la lumière du noir et blanc. Que
reste-t-il ? Décombres ? Non. Douceur, respect, attention, et peut-être, dans les bras, dans le corps, un léger tremblement... L’émotion. * « Intrusion de l’auteur » est un terme utilisé en critique littéraire pour indiquer un commentaire de l’auteur dans un roman où son « je » est tenu pour absent.
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