CLOSE UP
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Bien que dans le cinéma anglo-saxon « Close
up » signifie « gros plan », c’est davantage à la Magie que j’ai emprunté le titre de cette exposition. Le « Close up » c’est la magie qui se pratique en
huis clos et à proximité du spectateur. C’est cette proximité que j’ai cherché à explorer dans « close up », série commencée fin 2003. Proximité avec le modèle et avec le regard du spectateur.
Mais cette exposition repose aussi sur un procédé technique, totalement lié à l’image argentique : le développement croisé. Cette technique s’est imposée à moi lorsque
j’étais en Résidence à Saratov. Le développement croisé a été mon unique moyen de développer à temps mes films diapo pour publier mes premiers portraits dans le journal Komsomolskaïa
Pravda. Quand j’ai vu le résultat, ça a été une révélation.
Pourtant, mes premiers « croisés » étaient des photographies d’extérieurs. La photographie « La table de l’Isba
» a été la première photographie d’intérieur que j’ai réalisée avec cette technique.
La technique était là, l’idée pas encore. Le vrai travail de « Close up » a commencé avec Ludmila. Et même, ponctuellement, avec la photographie « Le Nu
bleu
». Ce bleu c’était vraiment un coup de baguette magique. Voilà pourquoi « Close up » ressemble à un spectacle de magicien. D’abord c’est un travail à deux : le photographe, son modèle (la toujours très sexy assistante
du magicien), et un tour de passe-passe magique qui se fabrique dans la connivence des deux. La magie naît de la relation entre les deux. Le regard n’est pas objectif ou plutôt l’objectif photographique ne fabrique pas le regard. L’utilisation des basses vitesses amène le
tremblement de ma main. Ce tremblement c’est ma vie, c’est mon corps. Ce n’est pas l’expression de la perfection technique de l’appareil photo. Ma main fait le flou comme la main du peintre fait le coup de pinceau. Peut-être que le coup de baguette magique de « Close up » c’est de rendre la vie à la matière du corps photographié et aux objets qui l’entourent. « Close up »
n’a pas été fabriqué en laboratoire, en studio. Comme la magie est un spectacle vivant, « close up » est une photographie tirée de la vie, en lien avec elle. En dessous du 1/15ème de seconde la matière se remet en mouvement, et la vie se libère de l’objectivité. « Close up », c’est de la photographie subjective au
cœur de laquelle l’Amour se dégage comme un hommage à la beauté de la vie, de l’instant, du vivant.
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